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Guizot François

Un parisien dans le Pays d’Auge

Guizot est député de Lisieux de 1830 à 1848 et président du Conseil général du Calvados à partir de 1841. Durant l’année 1836, F. Guizot est élu à l’Académie Française et achète le Val Richer, proche de Lisieux, chef lieu de la circonscription dont il est le député depuis 1830. Guizot raconte très bien que l’achat de cette demeure, chargée d’histoire avec les personnalités de Thomas Becket et de Dominique Georges, le comblait intellectuellement d’aise. Il y apportera les améliorations rendues nécessaires par l’état du logis abbatial et ses dépendances, il coordonnera les travaux sur le jardin et le parc. Enfin, il assume ses devoirs de propriétaire. Au Val Richer, la vie de Guizot et, par force celle des siens, était ainsi rythmée : debout à 7 heures, correspondance, prière en famille, reprise du travail, déjeuner à 11 heures, suivi de quelques instants de détente avec sa famille, reprise du travail, dîner à 6 heures, soirée chez sa mère jusqu’à 9 h. et demie. Guizot meurt au Val Richer en 1874. La cérémonie religieuse se déroule dans la bibliothèque, pièce essentielle dans la vie familiale.  

Le Val Richer, une plate forme pour une implantation politique durable

Le Val Richer est une plate forme pour son implantation politique locale puis plus tard pour celle de son gendre Conrad de Witt. Il rencontre des industriels (Fournet, industriel lexovien par exemple, Herbet, etc.), des hommes de loi, des banquiers, des intellectuels, des savants, des hobereaux (Helix d’Hacqueville, conseiller général d’Orbec), des médecins (docteur Notta de Lisieux), des pasteurs et des curés (vicaires de Honfleur, de St-Pierre de Lisieux, etc.) et des paysans. Guizot établit des relations plus étroites avec ses voisins immédiats, les Rondeaux et leurs enfants, les Gide. Les Rondeaux venaient d’acquérir, en 1851, le château de la Rocque-Baignard où vécut quelque temps André Gide, leur petit-fils. Guizot fréquente aussi les propriétaires du château voisin de Manerbe, le prince et la princesse Handjeri. Une autre réalité sociale apparaît parfois. Guizot est sollicité pour soutenir une femme dont la fille a tué l’un de ses enfants (1865), trois aveugles sans ressources, la salle d’asile de Manerbe, localité proche du Val Richer. Ancien ministre de l’Education , Guizot reste sensible aux distributions des prix des écoles primaires des communes proches du Val Richer. Il se sent dans son élément, car c’est lui qui était à l’origine des écoles primaires dans chaque commune. Comme à la Chambre des députés, sa belle voix grave et sonore fait merveille devant son auditoire. Il a conquis les électeurs augerons, mais son arrivée en 1830 avait été saluée ironiquement par quelques vers : Bon, Guizot, si l’on veut est le meilleur des hommes, Tout l’intéresse, hormis nos bœufs gras et nos pommes Il n’a rien au pays et pour nous protéger C’est peu d’être savant, il faut être herbager !   Retiré du pouvoir, à la suite des élections de 1849, Guizot n’en conservât pas moins une grande influence, dans le domaine religieux mais aussi politique longtemps après cette disgrâce voulue par les augerons. Le 19 octobre 1873, deux princes de la maison d’Orléans, le comte de Paris et son oncle le duc de Montpensier, viennent rencontrer Guizot pour évoquer avec lui une possible réconciliation avec les Bourbons.        

Guizot intellectuel dans le Pays d’Auge  

Fortement marqué par la vie politique, Guizot , pour autant,  ne néglige pas les sociétés locales savantes dont il est parfois membre correspondant ou membre à part entière (Société d’archéologie de Normandie, société d’émulation de Lisieux, etc.). La société d’émulation de Lisieux résume ce que représente, pour Guizot, une telle rencontre de membres éminents : à la fois politique et culturelle pour l’amélioration de toutes les couches sociales de la société. On y rencontre Arcisse de Caumont, président de différentes sociétés savantes de Caen, Victor de Broglie, l’ami de cœur et politique de Guizot, Alphonse de Brébisson, plus connu maintenant comme photographe primitif que comme herboriste et archéologue, ses premières passions. C’est dans cette perspective politique et intellectuelle, que Guizot favorise ou fait créer la bibliothèque et le musée de Lisieux. Les œuvres déposées par l’Etat ou acquises, lors de l’exposition inaugurale de 1838, reflète le goût artistique de la Monarchie de Juillet. Guizot travaille au Val Richer. Après sa chute politique, il y rédige de nombreux ouvrages, dont l’Histoire de France racontée à mes petits-enfants.      

 

Bibliographie :

Catalogue Exposition du Musée de Lisieux, 2006


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  • Dernière mise à jour : 24/11/2016